Coupes budgétaires : pas sur le dos des pauvres !

Le Conseil fédéral prévoit une réduction du budget alloué à l’aide au développement

Tandis que de nombreux pays sont touchés par le nombre record de réfugiés actuellement exilés dans le monde entier, la Suisse envisage de couper des dépenses qui contribueraient pourtant à prévenir des situations de crises de ce genre par le biais de programmes visant une amélioration sur le long terme. Interaction, un groupe de travail du Réseau évangélique suisse (SEA∙RES) soutient une pétition intitulée « Appel contre la faim et la pauvreté » et qui demande aux parlementaires de ne pas réduire le financement public dédié à la coopération au développement en 2017-2020.

Dans son message sur la coopération au développement, le Conseil fédéral propose une réduction de son aide public au développement de 0,5% de son Revenu national brut (RNB) à 0,48% du RNB. Les coupes n’affectent pas dans la même ampleur tous les crédits-cadres. Ainsi, les crédits pour l’aide humanitaire et la coopération économique du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) vont dépasser en 2017 le niveau de 2015. Au vu des crises multiples et des défis globaux, le besoin en aide humanitaire d’urgence est évident. Mais le Conseil fédéral veut faire des économies massives dans la coopération au développement, bilatérale et à long terme. Ici, le niveau de 2015 ne sera pas atteint avant 2020. S’il est essentiel de répondre aux besoins urgents, le travail de prévention sur le long terme risque en revanche de pâtir de cette décision. La commission des finances du Conseil national (CF-N) propose pourtant d’aller encore plus loin, puisqu’elle a annoncé fin mars son intention de réduire l’aide publique au développement à 0.4% du RNB. Un recul qui éloignerait encore davantage la Suisse des objectifs internationaux auxquels elle adhère, car les Etats se sont engagés à octroyer 0,7% de leur RNB à l’aide publique au développement (APD).

Un mauvais signal
Réduire l’aide au développement, c’est réduire la participation de la Suisse à des projets qui visent à lutter contre les causes profondes des crises telles que celles qui secouent actuellement la planète et conduisent des millions de personnes vers l’exil. Cette décision est d’autant plus étonnante, quand on pense que la Suisse s’est fortement impliquée en faveur de l’adoption des Objectifs du Développement Durable (ODD). Pourtant, elle devrait diminuer les programmes visant la réalisation des ODD, alors même que sa situation financière semble bonne, à l’image des 2,5 milliards CHF de bénéfices que la Confédération a dégagé en 2015. En voulant économiser sur le dos des pauvres, elle envoie un mauvais signal, tant sur le plan international que national, dans un pays qui a historiquement su être à l’avant-garde de la solidarité internationale.

Une pétition pour un budget qui ne fasse pas des économies sur le dos des pauvres
Interaction soutient une pétition lancée par Alliance Sud pour tenter de renverser la vapeur tant qu’il est encore temps. Intitulée « Appel contre la faim et la pauvreté » (www.appel-pauvrete.ch), elle invite les habitants de Suisse à signer un texte adressé aux parlementaires suisses, leur demandant de refuser ces réductions budgétaires. En quelques jours, la pétition a déjà reçu le soutien de plus de 10'000 personnes. Marc Jost, président d’Interaction, fait partie des signataires initiaux de cet appel.