Les méthodes évangéliques sont in au Vatican

- Assemblée générale du Réseau évangélique suisse -

Réunies en assemblées générales, le Réseau évangélique suisse (RES) romand et sa consœur suisse allemande la Schweizerische Evangelische Allianz (SEA) organisaient leur conférence annuelle conjointement. A l’occasion du jubilé de la Réforme, c’est la question de la relation à l’Eglise catholique qui a été abordée. Thomas Schirrmacher, secrétaire général adjoint de l’Alliance évangélique mondiale (AEM) et président de la commission théologique de l’AEM a présenté l’état des contacts institutionnels en cours avec le Vatican.

Berne, le 20 mai 2017 (mm/sb) – C’est un thème d’actualité et qui continue encore aujourd’hui de faire l’objet d’intenses discussions que la SEA et le RES ont choisi pour leurs assemblées générales. En effet, 500 ans après la Réforme, c’est la question des relations avec l’Eglise catholique qui était posée. Observateur privilégié de l’Eglise catholique en tant que chargé de relations avec le Vatican pour le compte de l’Alliance évangélique mondiale, Thomas Schirrmacher, professeur d’éthique et sociologue des religions a apporté son éclairage sur le sujet le matin. L’après-midi, SEA et RES ont tenu leurs assemblées générales respectives

Le courant « évangélique » en progression dans l’Eglise catholique 
Sous la conduite d’une modération bilingue assurée par Marc Jost, secrétaire général de la SEA et de Michel Siegrist, membre du Conseil du RES, les 120 personnes présentes ont pu entendre les témoignages de responsables de sections locales, présentant le vécu positif mais aussi les zones de tensions vécues dans la relation avec les paroisses catholiques présentes dans leur région. L’orateur principal, Thomas Schirrmacher, a ensuite donné un état des lieux sur l’évolution des relations avec l’Eglise catholique. Le nombre de points d’unité avec l’Eglise catholique progresse, assure-t-il, en particulier avec le pape François et son prédécesseur Benoît XVI. Thomas Schirrmacher identifie trois courant dans le catholicisme : un courant traditionnel, un courant libéral - en recul – et un courant dit « évangélique » en progression, et dont le pape actuel est l’un des représentants. Selon lui, 29 des 35 derniers cardinaux nommés appartiennent au courant dit « évangélique ». 

Des relations en progrès
Dans ce contexte, le dialogue est aussi plus facile explique celui qui a eu de nombreux entretiens avec le pape, même s’il reste des points importants de divergence, à l’image de la mariologie qui reste un dogme qui n’est pas remis en question dans l’Eglise catholique. D’ailleurs, le représentant de l’Alliance évangélique mondiale refuse de parler de compromis. « Il ne s’agit pas de chercher l’unité à tout prix et de sacrifier la vérité. Mais le fait qu’un certain nombre de nos thèses sont désormais mieux acceptées par l’Eglise catholique permet un rapprochement, comme par exemple sur le thème de la mission et de l’évangélisation. » Le sociologue des religions souligne encore que la liberté religieuse pour tous qui a toujours été un thème central pour l’Alliance évangélique mondiale depuis sa création en 1846 est une contribution importante des évangéliques dans l’évolution des positions catholiques. De manière générale, « les évangéliques et leurs méthodes de travail sont devenus in au Vatican ».

Une 11ème union d’Eglises pour le RES
Au cours de l’après-midi, les membres du Réseau évangélique suisse réunis en assemblée générale ont notamment eu la joie d’accueillir 14 nouveaux membres individuels et 13 nouveaux membres collectifs. Parmi eux, l’Eglise évangélique libre de Genève (EELG) est la 11ème union d’Eglises à rejoindre le RES, preuve de la vitalité et des bonnes relations au sein de l’évangélisme.

A lire également: l'excellent compte rendu détaillé proposé sur le site Religioscope.